Paroles d'étudiants d'ici et d'ailleurs

Des frontières à franchir

Par: Hakim Mimouni

Diplômé d’une licence en hydraulique urbaine à l’université de Bejaia, et actuellement en master 2 au sein de cette dernière et avec la même filière, je serais dans quelques petits mois, face à un avenir incertain, voir inconnu. À vrai dire, j’ai déjà tenté de faire mes démarches et poursuivre mes études en France et au Canada, faute d’avis favorable, je me retrouve toujours ici, dans ce vaste pays, plein de richesses, sans aucune assurance d’avenir. Mais cela ne m’empêche pas de refaire cette année mes démarches d’études en France, afin, d’abord, d’acquérir les compétences nécessaires dans mon domaine et d’assurer un avenir meilleur ailleurs. Car, ici et malheureusement je ne peux assurer un ce présent, comment je pourrais donc penser à mon avenir ici, dans mon propre pays ?
Je vois ou je croise quotidiennement des jeunes diplômés chômeurs qui ont même regrettés d’avoir fait l’université, car à leurs yeux, cette période censée leur porter le savoir et leur garantir un avenir, n’est rien qu’une perte de temps.
Ce n’est évidemment pas tout, et en réalité, même si je réussis à décrocher un poste de travail, je me retrouverais à limiter mes rêves à mes droits, c’est à dire, rêver d’une maison et d’une voiture, hors qu’ailleurs celles-ci ne sont que des droits.
Autre chose qui est essentielle à mes yeux, ici je ne fais qu’exister au lieu de vivre. Dans mon vaste pays, je ne trouve pas où passer un week-end, où passer mes vacances, où voir un bon film au cinéma avec ma copine, parce que, en premier lieu, les salles de cinéma sont fermées, et puis, je ne dois pas tenir les mains de celle que j’aime et l’accompagner au cinéma, faute de soi-disant interdictions religieuses ou Elharma comme l’unique pensée nous l’a souvent dictée et il faut l’appliquer.
Ici, dans mon pays vaste, je n’ai jamais senti la liberté de penser, d’écrire, d’avoir ma propre opinion. Je me sentais et je me sens toujours réprimé si je m’inscris pas dans la pensée unique.
Je fais parti aussi du mouvement associatif, un mouvement qui m’a beaucoup appris et qui m’a fait des connaissances avec des gens admiratifs. Mais cela reste insuffisant, puisque je me retrouve la plupart des temps face à une administration qui se donne à fond pour me faire des obstacles, qui m’interdit d’animer une simple conférence car le thème ne plaît pas à leurs supérieurs, à titre d’exemple.
Je me retrouve ici, dans une grande surface, coincé entre la pensée unique et le non développement. J’ai cru en un changement ici, j’ai cru à un certain moment de vivre ici, mais le temps et les événements m’ont contredis. J’ai donc constaté que le mieux est de quitter et d’aller ailleurs, s’installer, commencer une nouvelle vie, et de profiter de chaque instant de la vie, d’apprécier leurs coutumes, leurs traditions, voir et connaître d’autres cultures et découvrir tant de choses. C’est ailleurs que j’aurai les droits que je suis censé avoir ici, d’assurer un avenir et surtout d’avoir une vie.
Je constate tout ça et je l’écris avec chagrin, mais c’est une réalité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.